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Les free party dans l'impasse

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Les Free-party et l'état: 2009 est une année noire pour le mouvement free-party, le 1er mai de cette année, date symbolique pour les teufeurs, marquera tristement l'histoire du mouvement par les saisies qui ont eu lieu un peu partout en france; sur le teknival de Courcelles, à Strasbourg, Toulouse et ailleurs...

Le fait est que nous nous trouvons dans une impasse, l'état gagne encore une bataille et donc du terrain sur la voie qu'il a choisie depuis déjà bien longtemps: la répression pour le contrôle systématique des free-parties. La peur a à nouveau changée de camp et le dispositif policier en témoigne. Ce dispositif policier, mis en place lors du teknival, a été prévu pour saisir les sound systems. Et il a malheureusement fait ses preuves. A l'arrivée sur le site les gendarmes cherchaient déjà les véhicules transportant du matériel et les listaient pour mieux les saisir à la sortie. La coordination inter-sons étant inexistante, les plaques n'ont, pour la plupart, pas été cachées et aucun convoi n'a été organisé pour sortir massivement du tekos.

Ces solutions n'auraient été que des solutions de moindre mal puisque les « force du désordre » ont manifestement validé une technique qui leur resservira: quadriller une zone, laisser circuler les teufeurs, et saisir tout les véhicules transportant du matériel de sonorisation tant que l'émeute n'est pas risquée.

En d'autres termes diviser les convois pour mieux les saisir un peu plus loin. Dans ces conditions toute action collective n'aurait fait que minimiser les saisies et la solution des convois n'est pas viable a long terme. Les sons risquent a chaque fois leur matériel, des amendes, des frais de procédure juridique, des TIG, la suspension des permis de conduire hors du cadre professionnel, leur solvabilité quand le matériel est de location et que des astreintes doivent être réglées et parfois même leur travail quand les véhicules personnels sont confisqués. Continuer à subir ces lois et arrêtés absurdes sans nous organiser relève du masochisme. Nous savons tous la légitimité que nous avons à exister en tant que mouvement culturel à part entière, et il serait temps d'avoir une réflexion collective sur ce que nous revendiquons vraiment.

 

-Petite rétrospective:

Depuis 2001 nous subissons les divers amendements et décrets de loi visant à « réglementer » et « encadrer » les free-parties. Les discussions avec l'état entamées par le collectif des sound systems en 2002 et aboutissant aux sarkovals ne semblent pas satisfaire tout le monde. Du coté de l'état on déplore l'état des terrains réquisitionnés après les événements, occasionnant pour certains plusieurs centaines de milliers d'euros de dommages, du coté des teufeurs on déplore les réquisitions forcées de l'état auprès des agriculteurs et la déresponsabilisation des teufeurs revendiquant, à priori, l'autogestion.

On rétorque que des terrains pourraient être viabilisés, ce qui minimiserait les coûts globaux, notamment de nettoyage, et on se heurte aux réticences des pouvoirs publics: gouvernement, élus locaux et préfectures pour trouver des terrains à viabiliser.

En bref aucune solution à long terme ne se dégage de toutes ces discutions car l'appareil d'état n'est pas adapté à répondre a ce type de demande. La preuve en est la volonté du gouvernement de laisser pourrir la situation cette année jusqu'au 1er mai, ne trouvant encore une fois pas de terrain « adapté », malgré le fait que des sound systems veuillent organiser l'événement dans la légalité au coté de l'état.

La base de toutes les négociations depuis 8 ans entre le collectif des sound systems et l'état a toujours été celle du contrôle et de l'assistanat. Quand bien même nous sommes entrés dans leur jeu par dépit, le constat est clair: rien de concordant ne s'est dégagé et ne se dégagera de ces discussions.

Si raisonnablement nous demandons notre liberté d'action: d'organiser des teufs, multi-sons et autres teknivals en autonomie vis à vis de l'état, alors ces discussions ne tiennent plus -si tant est qu'elles aient déjà eu un fond qui aurait pu concorder avec ce que nous voulions-.

Si les teknivals ne sont pas autogérables, qu'a cela ne tienne, ne faisons plus de teknivals. Rappelons nous que ces évènements ne sont avant tout que des moyens de pression vis à vis de l'état. L'analyse est claire: l'état a une fois de plus prouvé que sa volonté est simplement de sécuriser, réglementer, contrôler encore et toujours plus. Les free-parties n'étant qu'une sphère du corps social parmi d'autres, qu'il faut maîtriser comme les autres.

Ses arguments fallacieux ne doivent pas avoir raison de nous, qu'on parle de drogue, d'atteinte à la propriété privée, ou plus généralement, de marginalité intellectuelle qui nous pousserait à agir hors du « cadre légal ».

Cela ne doit pas nous amener à discuter notre légitimité car elle est fondée. L'opinion publique a beau être un moyen de pression efficace, nous ne devons plus tomber dans le piège classique qui consiste a dire que l'état doit régir les free-parties comme il régit le reste.

 

-Questionnement:

Cela m'amène à poser une question plus large à tous les acteurs du mouvement: quel est donc le but intrinsèque du mouvement free-party? Est-ce simplement un exutoire? Comme le rapport DUMONT l'explique très clairement. Sommes nous juste des « jeunes » en mal de vivre dans une société sclérosée, et qui cherchent un tremplin dans la vie par un milieu qui propose une socialité différente de la socialité conventionnelle? Le fait de faire des free-parties est-il simplement une étape, « un peu décalée » de celles proposées classiquement, dans le « parcours d'intégration » de tout un chacun dans la société? Ou est-ce véritablement un moyen d'expression revendicatif et alternatif, proposant par le fait, des bases nouvelles de fonctionnement d'un système social et démontrant leur fonctionnement ? Pouvons nous dire, sans être en total désaccord avec nos idées de fond, que l'état a son mot a dire sur nos choix, alors que nous, le peuple, savons pertinemment le bien fondé de nos idées et de nos actions?

Il y a manifestement un choix a faire, ce choix, certains l'ont déjà fait, les négociations avec l'état ont déjà engendrées des scissions au sein du mouvement. Les insoumis en sont le premier exemple qui me vient à l'esprit, mais l'essor des multi-sons en opposition aux classiques teknivals en est un autre.

Une seule solution selon moi: la radicalité. D'un point de vu pratique, il y a deux choses qui nous bloquent: La difficulté de trouver des terrains avec l'accord des propriétaires, et la répression que nous subissons à chaque teuf, du contrôle systématique et du fichage affilié, à la saisie, en passant par les violences policières. (Je ne parle pas ici de la quasi-impossibilité de faire valider les déclarations préalables des soirées, car pour toutes les raisons évoquées ci-dessus ça ne peut pas être une voie de réflexion pérenne.)

Pour ce qui est des terrains on finit toujours par trouver des solutions même si ça reste compliqué, avec ou sans accord du propriétaire.

Pour ce qui est de la répression nous ne pouvons que la subir. Le tout est de s'organiser pour la subir au mieux.

Au sujet des terrains: Nous pourrions nous occuper de recenser des terrains de propriétaires ralliés a notre cause. Nous pourrions aussi recenser ceux qui ont déjà été occupés sans accord du propriétaire et ayant fait leurs preuves (loin des habitations, n'ayant pas eu de présence policière lors d'une teuf précédente etc...) Nous pourrions aussi recenser ceux susceptibles d'être adaptés et pouvant faire leurs preuves par la suite. Cela se fait déjà de manière informelle, le tout n'est pas de rendre forcément cette pratique formelle mais de la généraliser. La communication entre les sons étant une base pour que cela fonctionne.

Au sujet de la répression: La saisie du 1er mai aura au moins eu le mérite de faire se rencontrer des sons qui ne se connaissaient pas tous, pour centraliser les informations relatives à toutes les saisies et pour faire défendre tous par la même avocate. Ne serait-il pas possible de continuer à mutualiser les énergies pour construire un moyen de résistance commun? Si l'état peut se permettre de faire des confiscations abusives comme celle du 1er mai, c'est avant tout parce que l'opinion publique le soutient indirectement, parce qu'elle ne comprend pas les tenants et les aboutissants de nos revendications. Elle prend pour argent comptant les arguments de l'état qui lui explique très sincèrement qu'il doit tout régenter et que c'est tout a fait normal. Mais le peuple peut constater la validité de l'autogestion que nous pratiquons depuis 15 ans, et, en ce sens, notre revendication essentielle doit être d'être autonome vis a vis de l'état, et cette revendication est justifiée.

Plutôt que de chercher à mettre en place une caisse commune, comme j'ai pu le lire et l'entendre ici et là, pour gager à l'état une autonomie relative, en espérant que réunir 100 000€ pourrait attester de notre bonne foi et servir à régler tous les dommages engendrés par un teknival, Ou plutôt, comme cela a pu se faire sur les sarkoval, que de demander une donation pour pouvoir payer ensuite les sociétés privées qui nettoient les terrains, y mette des toilettes et des bennes, Pourquoi ne pas nous organiser en notre sein pour éviter que des groupes industriels comme Véolia par exemple, profite du fait que nous laissions une décharge à ciel ouvert à la place du terrain du teknival, comme ça s'est produit au dernier teknival de Courcelles ?

Nous pourrions installer des toilettes sèches, inviter des associations de protection de l'environnement, au même titre que des associations de santé communautaire, qui pourraient se charger de prévoir des bennes et de donner de l'information pour éviter les tas d'immondices par simple négligence...

En bref nous nous chargerions de rendre les terrains adaptés par nous même.

 

Quant au financement de tout ça, il y a deux choses à dire a mon avis:

-La première est qu'il y a un double jeu a jouer de notre part: d'un coté, tout ce qui peut être payé par les contribuables doit l'être. Nous payons tous indirectement pour des choses pour lesquelles nous n'avons aucun intérêt, en payant des taxes qui sont redistribuées par l'état, il n'y a pas de raisons qu'il en soit autrement pour les évènements festifs. Ce qui est valable pour les associations de santé communautaire est aussi valable pour celles défendant la protection de l'environnement, ces associations peuvent donc être subventionnées.

-La seconde est qu'il me paraît évident qu'il ne faudra pas compter sur l'état pour nous aider en ce qui concerne les saisies et les amendes, puisque c'est lui qui les décide indirectement. Sur ce point je propose donc une « Mutuelle des teufeurs »; financée par donation. L'idée serait de créer une association chargée de centraliser des fonds de provenances diverses: benefits parties, dons anonymes, excédents budgétaires à l'issue des teufs etc, pour pouvoir ensuite piocher dedans lors de saisies de matériel, de frais procéduriers ou d'amendes à régler. L'intérêt de cette « Mutuelle » résiderait dans le fait que ces fonds serviraient exclusivement à contrer l'état sur son propre terrain: celui de la sanction.

Si les fonds récoltés sont à la hauteur des enjeux il n'aura alors plus que deux solutions:

-La première sera de laisser faire, ce qui est peut probable au vu de son besoin manifeste de tout dompter (même si on peut toujours rêver).

-La seconde sera d'accentuer encore la répression en saisissant systématiquement, ou en changeant la loi pour la rendre plus dure encore.

Reste a savoir quel sera le point de vu de l'opinion publique que l'état aura perçu à ce moment là, et qui influencera ses décisions et ses éventuelles nouvelles prises de position, mais une chose est sure: d'ici là nous aurons gagné du temps et nous nous serons organisés... Il me semble très important de comprendre que nous devons avoir un message clair à transmettre aux médias, qui sont, à la fois, à la base de ce que perçoit le gouvernement de l'opinion populaire, et, en même temps, à la base de ce qui fonde l'opinion populaire. Cela implique, en notre sein, de faire un choix clair et tranché sur ce que nous voulons. Ce choix sera décisif pour la suite du mouvement, et si nous ne le faisons pas, il se fera de lui même -en n'ayant pas de réponse ferme à la politique sécuritaire nous finirons par disparaître quasi-totalement pour muter dans une forme conventionnelle qui sera contrôlable par l'état-.

Je tiens a préciser que je ne suis volontairement pas entré dans les détails techniques concernant la mise en place de toutes les choses évoquées ci-dessus, et dans les éventuels abus que nous pourrions rencontrer si cela se mettait en place. Ce texte a avant tout vocation à recentrer le débat sur un axe qui me parait essentiel et inhérent à notre manière d'agir culturellement. J'espère qu'il ne ratera pas son objet...

 

"A.W.A.W"

 

Commentaires  

 
#9 medo 2010-06-16 14:04 bonjour je fé un napelle pour savoir kommen ke je pourer faire pour rékupérer du son saisi kar g des pote ki se son fé saisir se wikend merci Citer
 
 
#8 flo 2009-10-07 17:22 bijour à tous,
moi je crois que le problème de fond est que la société exclue les jeunes car ils sont trop jeune(et en plus ils nous soulent avec leur musique de M…), il y à déja eu le même soucis avec le rock dans son temps.
nous sommes malheureusement dans une sociéte de vieux, géré par les vieux pour les vieux "cqfd ", alors les jeunes abstenez vous ou naissez vieux!!!
@+
flo
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#7 pone 2009-07-16 11:06 enfin du positif!!!RASSE MBLONS NOUS autour d'une table!!radicali sons nous c'est pas seulement le mouvement free ki est en peril,c'est la liberté d'expression toute entiere!!a tout ce kon est on peu etre pleins faut reprendre la rue,allons baiser marianne,il est temps de cesser de dedramatiser,on a plus le choix faut faire sauter ce gouvernement de dingue!j'etai pas pour l'anarchie il i a 10 ans,aujourd'hui je vis anar!!!! Citer
 
 
#6 Pierre 2009-06-26 01:03 Internet a fait du mal au mouvement ces dernières années.
Les tekos à l'ancienne en France c'est mort depuis longtemps. Non?
Un rassemblement de plusieurs milliers de personnes ne peut pas laisser indifférent l'état et les pouvoirs publics. Et je pense que c'est facile et faux de dire que l'état veut faire de l'argent sur les teknivals etc. Tu ne l'as pas écris, mais on entend tout et n'importe quoi quand même sur les forums et en teufs.

Concentrons nous sur les frees party d'une nuit.
- augmenter le seuil des participants de 500 à 2000 personnes,
- faire valoir les assos de prévention en tant que garantes de l'hygiène et de la santé des participants, au meme titre que medecins du monde etc (les assos prév font un boulot formidables),
- pourquoi l'état ne se contenterait pas d'une déclaration EN MAIRIE?

Sur des centaines de dossiers de déclarations déposés en 2008, seulement 3 acceptés en préfecture.
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#5 Parazit 2009-06-20 12:46 Très bon texte, bien construit et plus réfléchi que ce que l'on peut trouver sur la plupart des forums…

Tout mon soutien au mouvement!

+
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#4 Rafa 2009-06-04 19:52 Je suis d'accord avec toi sur bon nombred de points. J'ai peu d'expérience dans ce mouvement encore, cela fait a peine une année mais je crois avoir compris les différents paradoxes et problèmes qu'il pose.
En tout cas il est clair qu'il faut s'organiser face a la répression de l'état. Car ce que nous avons vécu recommencera tant qu'il n'y aura pas du changement.
Je soutiens tous les sons saisi et tous les autres sons de France, tous les organisateurs et teufeurs qui font vivre notre mouvement.
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#3 Benos 2009-06-03 17:39 Bonjour

Je trouve ton texte interressant car il souleve plein de question, et ouvre des perspectives de reflexions interressantes quand a l avenir.

Je trouve cependant qu il existe beaucoup de raccourci dans ton analyse et je me mefie souvent des raccourcis.

L ensemble des acteurs et negociateurs essayent juste de gagner le droit de faire au mieux. et ce peu importe le format.

La réalité des teknivals insoumis de 2006 a 2008 et une aberration, lier a une manipulation politique de grande volée.

Et l'ensemble des negociateurs ont et negoicerons pour pouvoir faire des choses. (peu importe leur forme et leur nom).
Gagne le droit de pouvoir, c est a ce niveau que nous essayons d avancer.

Depuis toujours les negociateurs ce batte pour pouvoir faire des choses de taille humaine.

en tout cas très bon texte qui me donne envie de te rencontrer et d en discuter en profondeur

et En Avant le boooom boooommmm
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#2 Breton 2009-05-31 23:51 Bonjour, je crois qu'aujourd'hui ce gouvernement met tout en heuvre pour tenter de faire rentrer les free party dans le moule de leur société mais justement… une free party n'est-elle pas la dernière bulle de liberté qu'ils nous reste??? Tous ces gens pour qui nous sommes trop "différents"… En tout cas nous ne devons certainement pas perdre courage surtout face a se gouvernement!!! ! Nous sommes nombreux et nous devons tenter de nous rassenbler le plus possible le 13 juin a évreux pour manifester tous ensemble et avec entrain!!!! De plus je voudrai remercier tous les organisateur de teuf dans toute la france pour que la fête continu!!!! courage a vous tous!!!! Citer
 
 
#1 olivier taleb 2009-05-14 15:14 Bonjour a toi qui a pris le temps d'écrire ce long texte auquel bien evidemment, j'adhére. J'ai été, tour a tour, organisateur a l'arrache, puis membre du collectif, puis j'ai arrété de m'investir autant pour des raisons aussi diverses que celles qui nous motivent ou nous demotivent parfois… Bref les événements de ces derniéers jours me consternent et je suis a l'heure actuelle, en train de relire toutes mes archives des reunions et autres, des prises de tête prefectorales, et çà me fait mal au coeur de voir qu'au final c'est presque pire qu'avant. Je me sens trahis comme beaucoup d'autres surement. Si je prends le temps de revenir sur les sites Tekno, de relire mes notes anciennes, et de réfléchir avec du recul, c'est parce que je sais que nous pouvons encore trouver des solutions…mais j'ai l'impression parfois que c'est une fuite en avant. A cette heure je suis chez moi, un peu désabusé par tout çà, solidaire des sons qui se sont fait saisir. courage. olivier taleb Citer
 

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